Quand l’ADN devient une double hélice!

Nouvelles / Quand l’ADN devient une double hélice!

Qui a réellement découvert la structure de la molécule d’ADN?

Au début des années 1950, la composition chimique de la molécule d’ADN avait été identifiée. Toutefois, sa structure tridimensionnelle demeurait encore inconnue et apparaissait comme la clé qui permettrait de comprendre un bon nombre de données biologiques accumulées depuis le début du siècle.

À l’époque, c’est Franklin qui avait réussi à obtenir les meilleures images desquelles il était possible d’en déduire la structure de l’ADN. Grâce à un travail minutieux en laboratoire et à un savoir-faire unique dans le traitement d’échantillons d’ADN, elle obtint des clichés précis qui offraient une nouvelle perspective sur des paramètres importants de la molécule. À partir de la photographie 51, présentée ci-contre, un regard aiguisé peut effectivement déduire une structure hélicoïdale de la molécule observée.

Au grand désarroi de ses collègues, Rosalind Franklin refusait toutefois de partager ces informations cruciales. Mais qui pourrait la blâmer pour ça? Qu’aurait-elle eu à gagner en partageant ses résultats avec trois hommes qui n’avaient strictement rien à lui offrir en retour et qui, par ailleurs, ne lui accordaient que très peu de respect? Ce serait en raison de ses désaccords avec Franklin que Wilkins, un collègue de Franklin, finit, petit à petit, par se ranger du côté de Watson et de Crick, deux autres collègues, expliquant aussi qu’en janvier 1952, ce dernier aurait remis sans le consentement et à l’insu de son auteure une copie de la photographie 51 à Watson et à Crick. Ce cliché fut en effet essentiel à l’élaboration de leur modèle final publié dans la revue Nature peu temps après. Précisons d’ailleurs que plusieurs années plus tard, Watson avoua que l’obtention de cette photo avait été l’évènement déterminant dans la réalisation de leur modèle. Pourtant, dans leur article, Watson et Crick n’ont offert qu’un court remerciement aux travaux de Franklin. Ils présentèrent son apport d’une façon ambiguë, suggérant même que ses travaux n’avaient été utilisés que comme simple confirmation pour leur modèle. Malheureusement, Franklin mourut prématurément d’un cancer en 1958, probablement causé par une surexposition aux radiations auxquelles elle avait été soumise durant ses années de recherche, la rendant ainsi inéligible pour le prix Nobel.

Pour connaître l’histoire complète, lisez les pages 34 à 39 de document pédagogique Se mesurer au monde.